Gadiris pas comme les autres!
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Gadiris pas comme les autres!
Salut,
Je suis très heureux de vous proposer des portraits de personnes qui ont vécu ou vivent encore à Agadir.Ces personnes,femmes ou hommes,m'ont impressionné pour une raison ou une autre.Je vous proposerai ,de temps à autre un Gadiri pas comme les autres et vous demanderai vos impressions. Soyez les bienvenus à ce nouveau topic que seules vos interventions rendront de plus en plus riche! Tanmirt!...Voici notre premier portrait :
Et si on faisait une petite expérience anodine pour tenter de pénétrer dans l'univers de «Geldasent»? Bouchez-vous les oreilles à tel point que vous n'entendez plus rien, aucun son; le silence absolu: Vous voilà sourds! Maintenant, fermez la bouche, ne parlez plus! Vous ne pouvez prononcer aucun mot, vous ne pou­vez émettre aucun son : Vous voilà muets! Vous ne comprenez plus ce que l'on vous dit, vous n'entendez plus la vie. Le fracassement des vagues sur les rochers, le murmure de l'eau dans un ruisseau, le chant d’un oiseau, la musique du vent... Tout cela vous est, désormais, inconnu! Vous avez besoin de vous exprimer, de com­muniquer, de vous faire comprendre; cela vous est, désormais, impossible! Combien de temps pour­riez-vous résister? Une heure? Un jour? Comme c'est terrible d'être sourd-muet! Comme c'est cruel de vivre parmi les gens et d'être si loin d'eux, telle­ment incompris, seul, étrange et étranger! Cet univers de mutisme et de surdité, ce monde à part, «Geldasent» y vit, y a vécu et y vivra tant que son cœur s'entêtera à battre!
«Geldasent» signifie, en langue amazighe : «Malika». Elle a 22 ans, elle est sourde-muette et elle est artiste-peintre. Issue d’une famille simple et honnête, Malika s’est accrochée à cette vie en dépit de son handicap. Petite fille, elle n'allait pas à l’école, cartable à la main, tresses dans le vent; vêtue de son tablier d'écolière, comme les autres filles du quartier. Parce qu'elle était différente, parce qu'elle n'était pas «normale», elle n'avait pas sa place à l'école. Elle était condamnée à demeu­rer analphabète pour la simple raison qu’il n’y a pas, à Agadir, une école ou un centre réservé aux sourds-muets. Et elle vou­lait tant apprendre, savoir, comprendre, connaître... la vie! Quand ses petites voisines par­taient à l'école, elle, elle s'ennuyait toute seule, toute la journée, à la mai­son.
Elle passait le temps, elle s'occupait en aidant sa maman aux tâches ménagères quotidiennes. Et la vie continuait et le temps passait et Malika
grandissait... A l’âge de 17 ans, elle commence à dessiner pour tuer la monotonie et la langueur de ces jours qui se ressemblent. Son oncle a remarqué son penchant pour le dessin. Il lui a acheté de la gouache, des pinceaux et du papier et l'a encouragée à dessi­ner et à peindre. Très vite, elle fait preuve d'un talent hors pair et d'un don remarquable… Et l’artiste « Geldasent » est née ! Depuis ce temps, la peinture est devenue son acti­vité essentielle, sa raison d’être, sa manière de com­muniquer, de s'exprimer, de s'extérioriser, de par­ler! Et elle a tellement de choses à dire! Comme elle est prolixe, le pinceau à la main, cette fille qui ne parle pas ! Toute cette énergie, tous ces senti­ments, toutes ces idées, toute cette colère, toute cette douceur, toute cette révolte, toute cette ten­dresse, tout cet amour, toute cette vie qui bouillonnent dans son tré­fonds, qui bourdonnent dans ses entrailles, elle les exprime à travers ses tableaux et ses toiles : Ces œuvres d'une beau­té rare, d'une immense richesse artistique, d'une imagination créatrice par­ticulière, d'une innocence sincère et innée. Je ne suis pas critique d'art, je ne comprends absolument rien aux arts plastiques, mais quand j'ai vu les tableaux de «Geldasent», j'étais subjugué, émer­veillé et tout ce que j'ai pu dire c'était: «C'est beau!» Je laisse aux spécialistes le loisir de critiquer, d'analyser, de décortiquer ses œuvres qu'elle a déjà exposées plusieurs fois individuellement et col­lectivement. Et elles ne sont pas passées inaper­çues: On ne peut pas res­ter indifférent, ou insen­sible devant des tableaux comme «Le Fou» (inspiré d'un poème en langue amazighe, «Nature-Ecriture», «Manifestation» ou «La Langue».
Autodidacte, inassou­vie, Malika a constam­ment le Souci de bien faire. Jamais satisfaite, elle continue à travailler pour forger son talent. Elle suit des cours au stu­dio d'art du peintre «Senoussi». Tout ce qu'elle fait, elle tient à y exceller. Elle est tellement appliquée et soigneuse que cela devient une hantise. Même le thé, elle prend tout son temps pour le préparer. Et si vous êtes pressés, vous ne boirez pas le thé de «Geldasent» ! Cette fille sans complaisance est sérieuse, sévère, juste. Elle hait l'hypocrisie, le mensonge et l'oisiveté. Elle adore le travail, l'ef­fort et le défi. Son rêve? Voyager: voyager pour voir, observer, connaître, comprendre les autres cultures et civilisations pour enrichir son horizon. En attendant, elle se contente de voyager dans sa tête en voyant des films qu'elle aime à la folie. A cette fille audacieuse et tenace, qui a réussi à par­ler avec le pinceau pour fuir la geôle du mutisme, je dis: Azul Geldasent! Salut Malika!
Albayane, Samedi 28 Novembre 1998
Je suis très heureux de vous proposer des portraits de personnes qui ont vécu ou vivent encore à Agadir.Ces personnes,femmes ou hommes,m'ont impressionné pour une raison ou une autre.Je vous proposerai ,de temps à autre un Gadiri pas comme les autres et vous demanderai vos impressions. Soyez les bienvenus à ce nouveau topic que seules vos interventions rendront de plus en plus riche! Tanmirt!...Voici notre premier portrait :
Azul Geldasent !
Et si on faisait une petite expérience anodine pour tenter de pénétrer dans l'univers de «Geldasent»? Bouchez-vous les oreilles à tel point que vous n'entendez plus rien, aucun son; le silence absolu: Vous voilà sourds! Maintenant, fermez la bouche, ne parlez plus! Vous ne pouvez prononcer aucun mot, vous ne pou­vez émettre aucun son : Vous voilà muets! Vous ne comprenez plus ce que l'on vous dit, vous n'entendez plus la vie. Le fracassement des vagues sur les rochers, le murmure de l'eau dans un ruisseau, le chant d’un oiseau, la musique du vent... Tout cela vous est, désormais, inconnu! Vous avez besoin de vous exprimer, de com­muniquer, de vous faire comprendre; cela vous est, désormais, impossible! Combien de temps pour­riez-vous résister? Une heure? Un jour? Comme c'est terrible d'être sourd-muet! Comme c'est cruel de vivre parmi les gens et d'être si loin d'eux, telle­ment incompris, seul, étrange et étranger! Cet univers de mutisme et de surdité, ce monde à part, «Geldasent» y vit, y a vécu et y vivra tant que son cœur s'entêtera à battre!
«Geldasent» signifie, en langue amazighe : «Malika». Elle a 22 ans, elle est sourde-muette et elle est artiste-peintre. Issue d’une famille simple et honnête, Malika s’est accrochée à cette vie en dépit de son handicap. Petite fille, elle n'allait pas à l’école, cartable à la main, tresses dans le vent; vêtue de son tablier d'écolière, comme les autres filles du quartier. Parce qu'elle était différente, parce qu'elle n'était pas «normale», elle n'avait pas sa place à l'école. Elle était condamnée à demeu­rer analphabète pour la simple raison qu’il n’y a pas, à Agadir, une école ou un centre réservé aux sourds-muets. Et elle vou­lait tant apprendre, savoir, comprendre, connaître... la vie! Quand ses petites voisines par­taient à l'école, elle, elle s'ennuyait toute seule, toute la journée, à la mai­son.
Elle passait le temps, elle s'occupait en aidant sa maman aux tâches ménagères quotidiennes. Et la vie continuait et le temps passait et Malika
grandissait... A l’âge de 17 ans, elle commence à dessiner pour tuer la monotonie et la langueur de ces jours qui se ressemblent. Son oncle a remarqué son penchant pour le dessin. Il lui a acheté de la gouache, des pinceaux et du papier et l'a encouragée à dessi­ner et à peindre. Très vite, elle fait preuve d'un talent hors pair et d'un don remarquable… Et l’artiste « Geldasent » est née ! Depuis ce temps, la peinture est devenue son acti­vité essentielle, sa raison d’être, sa manière de com­muniquer, de s'exprimer, de s'extérioriser, de par­ler! Et elle a tellement de choses à dire! Comme elle est prolixe, le pinceau à la main, cette fille qui ne parle pas ! Toute cette énergie, tous ces senti­ments, toutes ces idées, toute cette colère, toute cette douceur, toute cette révolte, toute cette ten­dresse, tout cet amour, toute cette vie qui bouillonnent dans son tré­fonds, qui bourdonnent dans ses entrailles, elle les exprime à travers ses tableaux et ses toiles : Ces œuvres d'une beau­té rare, d'une immense richesse artistique, d'une imagination créatrice par­ticulière, d'une innocence sincère et innée. Je ne suis pas critique d'art, je ne comprends absolument rien aux arts plastiques, mais quand j'ai vu les tableaux de «Geldasent», j'étais subjugué, émer­veillé et tout ce que j'ai pu dire c'était: «C'est beau!» Je laisse aux spécialistes le loisir de critiquer, d'analyser, de décortiquer ses œuvres qu'elle a déjà exposées plusieurs fois individuellement et col­lectivement. Et elles ne sont pas passées inaper­çues: On ne peut pas res­ter indifférent, ou insen­sible devant des tableaux comme «Le Fou» (inspiré d'un poème en langue amazighe, «Nature-Ecriture», «Manifestation» ou «La Langue».
Autodidacte, inassou­vie, Malika a constam­ment le Souci de bien faire. Jamais satisfaite, elle continue à travailler pour forger son talent. Elle suit des cours au stu­dio d'art du peintre «Senoussi». Tout ce qu'elle fait, elle tient à y exceller. Elle est tellement appliquée et soigneuse que cela devient une hantise. Même le thé, elle prend tout son temps pour le préparer. Et si vous êtes pressés, vous ne boirez pas le thé de «Geldasent» ! Cette fille sans complaisance est sérieuse, sévère, juste. Elle hait l'hypocrisie, le mensonge et l'oisiveté. Elle adore le travail, l'ef­fort et le défi. Son rêve? Voyager: voyager pour voir, observer, connaître, comprendre les autres cultures et civilisations pour enrichir son horizon. En attendant, elle se contente de voyager dans sa tête en voyant des films qu'elle aime à la folie. A cette fille audacieuse et tenace, qui a réussi à par­ler avec le pinceau pour fuir la geôle du mutisme, je dis: Azul Geldasent! Salut Malika!
Albayane, Samedi 28 Novembre 1998
Re: Gadiris pas comme les autres!
C'est sans doute malika Houzig
Une fille handicapée c'est vrai, mais heureusement elle a trouvé un soutien
sans limite de la part de sa famille et des gens aussi, ailleurs elle aurait pu
finir comme nurse ou meme esclave, la pauvre. Bravo Malika pour ton courage
pour ton agnegation, ton defi de voulor battre l'handicap, l'analphabetisme
aussi qui en découle .. Heureusement que tu as des yeux et tu as bien fait
de les tourner toujours vers l'arrière, vers le passé, vers les ancetres, nos
ancetres, tu as trouvé la une source d'idées et une mine inexplorée par
des filles come toi ..
Les tableaux de Malika ont été exposé a Rabat et a differents endroits a
Agadir et ont fait l'unanimité quand a leur niveau artistique.
un tableau de Geldassent ougadir

Une fille handicapée c'est vrai, mais heureusement elle a trouvé un soutien
sans limite de la part de sa famille et des gens aussi, ailleurs elle aurait pu
finir comme nurse ou meme esclave, la pauvre. Bravo Malika pour ton courage
pour ton agnegation, ton defi de voulor battre l'handicap, l'analphabetisme
aussi qui en découle .. Heureusement que tu as des yeux et tu as bien fait
de les tourner toujours vers l'arrière, vers le passé, vers les ancetres, nos
ancetres, tu as trouvé la une source d'idées et une mine inexplorée par
des filles come toi ..
Les tableaux de Malika ont été exposé a Rabat et a differents endroits a
Agadir et ont fait l'unanimité quand a leur niveau artistique.
un tableau de Geldassent ougadir

Re: Gadiris pas comme les autres!
Oui,aokas,c'est elle!Merci pour le beau tableau!J'ai d'autres informations que je dirai après les interventions des autres membres. 

Re: Gadiris pas comme les autres!
toufayour a écrit:Oui,aokas,c'est elle!Merci pour le beau tableau!J'ai d'autres informations que je dirai après les interventions des autres membres.
hommage particulier a cette fille qui par son
courage a pu s'extraire de l'isolement et atrouver une
activité qui correspond a son profil ..
continue ma soeur
Re: Gadiris pas comme les autres!
chama a écrit:toufayour a écrit:Oui,aokas,c'est elle!Merci pour le beau tableau!J'ai d'autres informations que je dirai après les interventions des autres membres.
hommage particulier a cette fille qui par son
courage a pu s'extraire de l'isolement et atrouver une
activité qui correspond a son profil ..
continue ma soeur
Agadir continue d'etonner par ce nombre important d'artistes qu'on
decouvre chaque jour sur les colonnes de ce site.
Normal, agadir devait etre la capitale de l'art Amazigh, peinture
sculture,theatre et tafraoute celle de la litterature ecrite , car
cette région a ccouché de beaucoup d'ecrivains Amazigh.
Bonne chance a fatima ougadir donc
Re: Gadiris pas comme les autres!
Azul
J'ai eu l'occasion de rencontrer Malika Houzig dite Geldasent lors de son exposition à Tafraout durant le premier anniversaire de l'Association Mohammed khaïr-Eddine .
Je l'ai également commentée sur tamazgha.fr
Merci pour cet article de notre ami Toufayour en hommage à Geldasent
Tanemmirt
Zalhoud
J'ai eu l'occasion de rencontrer Malika Houzig dite Geldasent lors de son exposition à Tafraout durant le premier anniversaire de l'Association Mohammed khaïr-Eddine .
Je l'ai également commentée sur tamazgha.fr
Merci pour cet article de notre ami Toufayour en hommage à Geldasent
Tanemmirt
Zalhoud
Re: Gadiris pas comme les autres!
Salam,
Merci à Zalhoud,à Chama, et à Admin pour leur témoignage sur notre artiste peintre pas comme les autres! J'attends l'avis des autres membres pour vous présenter un autre Gadiri pas comme les autres qui vous étonnera,c'est certain! Tanmirt à tous!
Merci à Zalhoud,à Chama, et à Admin pour leur témoignage sur notre artiste peintre pas comme les autres! J'attends l'avis des autres membres pour vous présenter un autre Gadiri pas comme les autres qui vous étonnera,c'est certain! Tanmirt à tous!

Re: Gadiris pas comme les autres!
Azul,
J'ai dit que le rève de Malika Houzig était de voyager pour connaitre le monde et la vie. C'est un rève réalisé : Elle est partie en France ou elle vit à présent. Elle continue à peindre et à dessiner. Elle suit un traitement médical pour soigner sa surdité et son cas s'est largement amélioré. Prions pour qu'elle recouvre entièrement la parole et nous revienne complétement rétablie!
J'ai dit que le rève de Malika Houzig était de voyager pour connaitre le monde et la vie. C'est un rève réalisé : Elle est partie en France ou elle vit à présent. Elle continue à peindre et à dessiner. Elle suit un traitement médical pour soigner sa surdité et son cas s'est largement amélioré. Prions pour qu'elle recouvre entièrement la parole et nous revienne complétement rétablie!
Re: Gadiris pas comme les autres!
Salam,
Je vous invite à faire la connaissance d'une autre femme exceptionnelle! Je ne vopus dirai pas plus,lisez le texte!
Lalla Saâdia, ou comment être
une femme touche-à-tout
On parle beaucoup, ces derniers temps, du statut de la famille et des droits de la femme. Ce sujet a délié la langue de plus d'un et a fait couler beaucoup d'encre. Une rare occasion pour présenter une femme hors du commun, exceptionnelle, aux talents rarissimes. Jugez-en :
Comme les femmes d'antan, Saâdia s'est mariée très jeune, à peine âgée de 14 ans. Et comme le veulent nos traditions, son premier devoir d'épouse était de pro­créer, de donner la vie... Les années galopaient sans que Saâdia s'en rende compte, tellement occupée qu'elle était par son petit logis, son mari et sa progéniture. Comme toutes nos mères traditionnelles, elle a allaité, veillé, protégé, trimé, enduré, s'est sacrifiée pour voir ses enfants grandir. Son ins­tinct de mère l'empêchait de songer à elle-même, à ses rêves, à ses attentes, à sa vie. Sa vie, c'était ses enfants. Elle voulait tellement les voir un jour grands et beaux, heureux et satisfaits. Alors elle s'est donnée corps et âme à ses six enfants, trois garçons et trois filles, pour ne faire ni jaloux ni jalouses, démocratie oblige!
Lalla Saâdia était une parfaite «femme au foyer» : consciente, économe, propre, soigneuse, infatigable et méthodique. Ne dit-on pas que la femme «Hadga» conquiert le cœur de son mari en satis­faisant son ventre? Lalla Saâdia était un cordon bleu aux mains de fée. Tout ce qu'elle mijotait était tout simplement succulent. Ah! Combien je me suis réga­lé avec les copains chez elle !
Maintes choses m'impressionnaient chez cette femme. D'abord, elle ne se plaignait jamais, souriait tout le temps et semblait être hors des êtres et des choses, baignant dans une sérénité et une paix intérieure dignes d'un yogi. Ce qui me fascinait le plus, c'était son talent de communiquer avec aisance et éloquence avec autrui. Quel que soit son interlocuteur, elle le met à l'aise dès les premiers propos. On croit la connaître depuis toujours et devient très vite fami­lière. Ce don lui a permis de connaître beaucoup de gens et de fuir la solitude. Il y a toujours du monde chez elle. On cause, on sirote du thé, on mange des gâteaux, on rit. On se sent si bien, on est à l'aise; on est chez Lalla Saâdia!
Elle est aussi couturière à ses heures. Ses filles, ses voisines, ses amies mettent les robes de Lalla Saâdia. Son talent de couturière lui a permis de confectionner les costumes de théâtre de plusieurs pièces présentées par
l'association Anouar Souss à laquelle son fils aîné est adhérent. Cela lui a permis de fréquenter le milieu asso­ciatif, culturel et artistique. Elle a assisté à plusieurs rencontres et festivals de théâtre professionnel, amateur et scolai­re. Cette femme a vu plus de pièces théâ­trales que des soi-disant intellectuels d'Agadir! Petit à petit, elle commence à s'ouvrir sur le monde
et son horizon commence à s'élargir. Elle a une soif inassouvie d'apprendre, de savoir, connaître... la vie. Alors, elle comprend que la première arme n'est autre que le savoir et la connaissance. Pour pénétrer l’univers magique du livre, elle prend des cours d’alphabétisation à la maison des jeunes à deux pas de chez elle. Studieuse, elle passe l’examen d’entrée en sixième après trois ans d’études et décroche son certificat d’études primaires.
Maintenant, âgée de 60 ans environ, veuve et grand-mère, ayant accompli son devoir d’épouse et de mère sans se plaindre, va-t-elle se reposer et se donner à la nonchalance et à la presse de la retraite ? Surtout pas ! Ce n’est que maintenant qu’elle devient plus dynamique, plus fougueuse, plus tenace, plus déterminée que jamais. C’est comme si elle voulait réaliser tous ces rêves qui sommeillaient dans son tréfonds durant sa vie passée…
Elle adhère à l’association des Femmes du Sud et devient très vite l’un de ses membres les plus actifs. Elle participe inlassablement à toutes les activités et œuvres sociales de l’association. Mais elle ne ressemble guère aux autres membres. Quand elle veut relever un défi, elle va jusqu’au bout, car rien ne la rebute. Elle est dotée d’une ténacité et d’une ambition extraordinaires. Par exemple, au sein de l'association, les femmes pratiquent du sport, surtout la natation. Au début, Lalla Saâdia ne savait pas nager. Maintenant, c'est elle qui donne des cours de sauvetage aux débutantes. Elle est capable, à l'âge de 60 ans, de soulever du fond de la piscine une poupée pesant 40 kg et la faire sortir de l'eau avec l'ai­sance d’un maître nageur de 20 ans ! Elle a même osé faire du catamaran, défiant les vagues de l'Atlantique. Quelle femme !
Et ce n’est pas fini; elle apprend le code le la route et suit des cours pour avoir son permis de conduire.
Et last but not least, Lalla Saâdia a découvert en elle un nouveau talent qu'elle ne soupçonnait même pas, celui de la peinture. Encouragée par le peintre Faouzi qui lui enseigne les arts plastiques, elle ne cesse de dessiner et de peindre, surtout la nuit, quand les êtres et les choses dorment. Son salon est devenu un vrai atelier, il y a des tableaux partout !
Quand cette femme s'arrêtera-t-elle? Pourquoi fait-elle tout cela ? Que veut-elle prouver ? Que cherche-t-elle ?
Peut être veut-elle seulement être... une femme !
Je vous invite à faire la connaissance d'une autre femme exceptionnelle! Je ne vopus dirai pas plus,lisez le texte!
Lalla Saâdia, ou comment être
une femme touche-à-tout
On parle beaucoup, ces derniers temps, du statut de la famille et des droits de la femme. Ce sujet a délié la langue de plus d'un et a fait couler beaucoup d'encre. Une rare occasion pour présenter une femme hors du commun, exceptionnelle, aux talents rarissimes. Jugez-en :
Comme les femmes d'antan, Saâdia s'est mariée très jeune, à peine âgée de 14 ans. Et comme le veulent nos traditions, son premier devoir d'épouse était de pro­créer, de donner la vie... Les années galopaient sans que Saâdia s'en rende compte, tellement occupée qu'elle était par son petit logis, son mari et sa progéniture. Comme toutes nos mères traditionnelles, elle a allaité, veillé, protégé, trimé, enduré, s'est sacrifiée pour voir ses enfants grandir. Son ins­tinct de mère l'empêchait de songer à elle-même, à ses rêves, à ses attentes, à sa vie. Sa vie, c'était ses enfants. Elle voulait tellement les voir un jour grands et beaux, heureux et satisfaits. Alors elle s'est donnée corps et âme à ses six enfants, trois garçons et trois filles, pour ne faire ni jaloux ni jalouses, démocratie oblige!
Lalla Saâdia était une parfaite «femme au foyer» : consciente, économe, propre, soigneuse, infatigable et méthodique. Ne dit-on pas que la femme «Hadga» conquiert le cœur de son mari en satis­faisant son ventre? Lalla Saâdia était un cordon bleu aux mains de fée. Tout ce qu'elle mijotait était tout simplement succulent. Ah! Combien je me suis réga­lé avec les copains chez elle !
Maintes choses m'impressionnaient chez cette femme. D'abord, elle ne se plaignait jamais, souriait tout le temps et semblait être hors des êtres et des choses, baignant dans une sérénité et une paix intérieure dignes d'un yogi. Ce qui me fascinait le plus, c'était son talent de communiquer avec aisance et éloquence avec autrui. Quel que soit son interlocuteur, elle le met à l'aise dès les premiers propos. On croit la connaître depuis toujours et devient très vite fami­lière. Ce don lui a permis de connaître beaucoup de gens et de fuir la solitude. Il y a toujours du monde chez elle. On cause, on sirote du thé, on mange des gâteaux, on rit. On se sent si bien, on est à l'aise; on est chez Lalla Saâdia!
Elle est aussi couturière à ses heures. Ses filles, ses voisines, ses amies mettent les robes de Lalla Saâdia. Son talent de couturière lui a permis de confectionner les costumes de théâtre de plusieurs pièces présentées par
l'association Anouar Souss à laquelle son fils aîné est adhérent. Cela lui a permis de fréquenter le milieu asso­ciatif, culturel et artistique. Elle a assisté à plusieurs rencontres et festivals de théâtre professionnel, amateur et scolai­re. Cette femme a vu plus de pièces théâ­trales que des soi-disant intellectuels d'Agadir! Petit à petit, elle commence à s'ouvrir sur le monde
et son horizon commence à s'élargir. Elle a une soif inassouvie d'apprendre, de savoir, connaître... la vie. Alors, elle comprend que la première arme n'est autre que le savoir et la connaissance. Pour pénétrer l’univers magique du livre, elle prend des cours d’alphabétisation à la maison des jeunes à deux pas de chez elle. Studieuse, elle passe l’examen d’entrée en sixième après trois ans d’études et décroche son certificat d’études primaires.
Maintenant, âgée de 60 ans environ, veuve et grand-mère, ayant accompli son devoir d’épouse et de mère sans se plaindre, va-t-elle se reposer et se donner à la nonchalance et à la presse de la retraite ? Surtout pas ! Ce n’est que maintenant qu’elle devient plus dynamique, plus fougueuse, plus tenace, plus déterminée que jamais. C’est comme si elle voulait réaliser tous ces rêves qui sommeillaient dans son tréfonds durant sa vie passée…
Elle adhère à l’association des Femmes du Sud et devient très vite l’un de ses membres les plus actifs. Elle participe inlassablement à toutes les activités et œuvres sociales de l’association. Mais elle ne ressemble guère aux autres membres. Quand elle veut relever un défi, elle va jusqu’au bout, car rien ne la rebute. Elle est dotée d’une ténacité et d’une ambition extraordinaires. Par exemple, au sein de l'association, les femmes pratiquent du sport, surtout la natation. Au début, Lalla Saâdia ne savait pas nager. Maintenant, c'est elle qui donne des cours de sauvetage aux débutantes. Elle est capable, à l'âge de 60 ans, de soulever du fond de la piscine une poupée pesant 40 kg et la faire sortir de l'eau avec l'ai­sance d’un maître nageur de 20 ans ! Elle a même osé faire du catamaran, défiant les vagues de l'Atlantique. Quelle femme !
Et ce n’est pas fini; elle apprend le code le la route et suit des cours pour avoir son permis de conduire.
Et last but not least, Lalla Saâdia a découvert en elle un nouveau talent qu'elle ne soupçonnait même pas, celui de la peinture. Encouragée par le peintre Faouzi qui lui enseigne les arts plastiques, elle ne cesse de dessiner et de peindre, surtout la nuit, quand les êtres et les choses dorment. Son salon est devenu un vrai atelier, il y a des tableaux partout !
Quand cette femme s'arrêtera-t-elle? Pourquoi fait-elle tout cela ? Que veut-elle prouver ? Que cherche-t-elle ?
Peut être veut-elle seulement être... une femme !
Re: Gadiris pas comme les autres!
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Salam,
Je vous présente le personnage de mon troisième portrait. Il s'agit encore d'une femme très spéciale et de beaucoup de courage et de ténacité. Avous d'en juger! Mais il ne faut pas hésiter à me donner votre avis :c'est le plus important! Tanmirt!
Quoi de plus beau qu'une journée de printemps pour rendre hommage à la femme marocaine à travers une femme d’exception, une femme de courage et de volonté, une femme de détermination et d’ambition !
Cette femme est un bel exemple de réussite sociale pour les jeunes marocains, gar­çons et filles : ces jeunes qui ont de plus en plus tendance à bais­ser les bras, à s'avouer vaincus, à succomber au désespoir et au pessimisme; ces jeunes qui ne croient plus que l'école maro­caine ouvre la porte de l'em­ploi, de la réussite, de la vie digne et honnête, de l'avenir sûr et ensoleillé... Sakina nous invite à chasser ces idées défai­tistes en nous disant : «On veut, on peut». Qui est cette femme qui a tant voulu, qui a tellement cru qu'elle a fini par «pouvoir» ?
Sakina est la fille de la mer et du soleil, éprise dès l'enfance de la grandeur infinie, de la puis­sance majestueuse, de la beauté bleue de l'Océan Atlantique... Fille d'un homme simple et modeste, membre d'une famil­le nombreuse, elle a grandi dans le quartier populaire d'Anza comme toute la mar­maille de son âge, tous ces enfants pauvres : les enfants des pêcheurs et des ouvriers... Encore toute petite, ses yeux brillaient d'intelligence, son corps vibrait d'impatience, son esprit vaguait avec les barques et les chalutiers... Elle atten­dait... Elle rêvait d'une vie autre que celle qu'elle menait, une vie de bonheur, de sécurité, de sérénité, de dignité. Déjà elle allait le soir contempler le coucher du soleil sur les rochers du rivage et rêvasser, les pieds chatouillés par les vaguelettes qui venaient les caresser. Déjà elle voulait prendre son envol vers cet horizon rougeâtre, comme les mouettes, ces oiseaux de la liberté océa­nique. .. Et très vite elle a su, je ne sais pas quel miracle, que l'unique moyen de sortir de la pauvreté et du besoin c'était d'étudier, de réussir, de progres­ser, de ne pas s'arrêter. Les études étaient pour elle la seule issue à cette vie honnête et digne dont elle rêvait. Alors elle est devenue dès son jeune âge une élève studieuse, appliquée, sérieuse et tenace.
J'ai fait la connaissance de cette fille talentueuse et incroyable­ment intelligente lorsqu'elle était encore collégienne. J'enseignais le Français au collè­ge Ibn Khaldoune d'Anza et j'y animais un atelier-théâtre. Je me souviens encore de cette charmante brunette, les che­veux coupés ras (un vrai garçon manqué), les yeux brillants et le sourire innocent sur les lèvres, me demandant de faire partie de la troupe théâtrale de l'éta­blissement. Lors des répétitions de la pièce «Palestine en cage», elle débordait de jeunesse, de talent et d'enthousiasme : Petite militante qui défendait la cause palestinienne et condam­nait le sionisme et l'impérialis­me, à peine âgée de 14 ans ! J'ai très vite senti que cette fille était spéciale : Elle avait quelque chose d'imperceptible qui lui donnait une force capable de déplacer des mon­tagnes ! Je me souviens encore d'elle quand elle venait me demander de lui prêter des romans à lire sur la plage de «Taghazoute» durant les vacances estivales. Elle me les rendait dans un état lamenta­blement piteux. Je ne lui faisais aucune remontrance sachant quelle les avait lus. Que pou­vait-on encore apprendre à une fille qui avait lu «Cent ans de solitude» de Gabriel Garcia Marquez, à l'âge de 15 ans ? Je ne pouvais que l'encourager à lire, à ne jamais s'arrêter de lire. Et croyez-moi, elle ne s'est jamais arrêtée. Elle a fait du livre son confident, son ami et son conseiller. Sa maison, maintenant, est une vraie bibliothèque et c'est moi à pré­sent qui lui emprunte des livres !
Ce n'est pas la peine de vous dire que son itinéraire scolaire n'a connu aucun incident et aucun écueil. Cette fille conju­guait tous les verbes à tous les modes et à tous les temps sauf le verbe «redoubler»... Après le bac, elle ne choisit point la faci­lité. Fascinée par le passé loin­tain, par l'histoire et l'origine de l'humanité, elle opte pour l'anthropologie. Elle suit ses études à l'institut national des Sciences archéologiques. Soucieuse de nouveaux horizons, avide de nouveaux espaces, désireuse d’en finir avec le besoin qui aliène tout éveil, tout envol, toute ascension, elle s'envole pour Paris pour poursuivre ses études supérieures dans le but d'avoir son doctorat en sciences humaines, spécialité anthropologie et ethnologie… Elle fait des recherches archéologiques et des études sur le patrimoine du sud marocain. Je me souviens d'elle quand elle venait de la région de Ouarzazate, poussiéreuse et crasseuse. Je m'amusais à la taquiner : «Alors madame «Indiana Jones», tu as trouvé le trésor d'Ali Baba ?»
De retour au pays, parce qu’elle était déterminée à retourner chez elle, nullement impressionnée par les lumières parisiennes, pour servir sa patrie, elle travaille à la bibliothèque nationale de Rabat où les livres ne manquent pas. Ensuite elle s'installe à la ville rouge comme conservatrice et directrice du Musée de Marrakech, cet établissement magique d'art plastique et d'architecture ancienne purement marocaine.
Maintenant, Sakina est mariée et mère de deux enfants. Comme épouse, elle est dévouée, fidèle, amoureuse, épanouie. Comme maman, elle est tendre, douce et affectueuse. Comme maîtresse de maison, elle est méthodique, appliquée, soigneuse et hospitalière. Elle a un goût raffiné et une élégance distinguée. Sa demeure tradi­tionnelle est un petit musée. Il fait bon y vivre, décorée par les mains d'un artiste de talent. Chez elle, ça sent les parfums du sud, ça sent l'art tradition­nel et le patrimoine aux mille et une couleurs et formes. Chez elle, on se sent bien et on a envie de rester pour toujours, il y règne une ambiance de quié­tude et une osmose magique et invisible créant une paix douce et bienfaisante. Comme direc­trice du musée, elle est sérieuse, consciencieuse, active et créati­ve. Comme fille et sœur, elle aide et soutient financièrement sa famille, constamment pré­sente et à l'écoute du moindre souci des siens comme le veulent notre religion et nos tradi­tions (Allah Irdi âlike !)
Comme femme, elle a une forte personnalité et une intelligence hors pair. Elle ne se laisse guère intimider. Elle a aussi un charisme et une attirance qui mettent son interlocuteur à l'aise et rendent l'échange facile et limpide. Elle a un franc-parler mélangé avec une séduction et une élégance qui ne la rendent jamais désobligeante. Comme citoyenne, elle est généreuse, clémente, militante associative, féministe, émancipée, progres­siste et proche de toute activité humaniste et altruiste. Son emploi du temps est tellement chargé qu'elle n'a pas une minute à elle : Famille, ren­contres, rendez-vous, meetings, conférences, vernissages, réunions, débats, voyages, recherches, documentations, études, activités culturelles, artistiques et sociales... C'est une vraie fourmi infatigable qui vient cependant en aide aux cigales ! C'est une vraie abeille ouvrière qui offre géné­reusement son miel ! Comment peut-elle se retrouver dans toute cette cacophonie humai­ne sans perdre le nord dans les dédales de la médina de Marrakech ?
Ce n'est pas par hasard que Sakina était nommée cette année à la fameuse et précieuse Khmissa qui honore et glorifie les Marocaines de talent, les grandes dames de notre pays. Si on l'a choisie parmi les cinq premières, c'est qu'elle le méri­te amplement, qu’elle en est digne... Grâce à Khmissa, les Marocains connaissent mainte­nant Sakina Rharib. Nous, à Agadir, nous la connaissons bien avant et maintenant nous lui disons : Même si tu n’as pas eu cette Khmissa, pour nous tu l'as bien eue ! Nous sommes fiers de toi; toi la fille de la mer et du soleil, la fille du peuple;
toi qui as peiné et enduré pour en arriver là. Tu t'es faite toi-même avec courage, labeur et humilité sans narcissisme aucun et sans vanité ni fausse modestie. Tu as prouvé que la détermination et le sérieux donnent les fruits attendus, et la récolte escomptée... Pour tout ce que tu fais au service de l'art et de la culture, au service de la société, au service de ta patrie, tu mérites notre amour, notre respect, notre admiration et notre... Khmissa ! ;
Mais est-ce ainsi qu'on récom­pense le militantisme, le pro­fessionnalisme, la perspicacité dans notre pays ? Nous venons d'apprendre avec stupeur et douleur qu'on a dit à Sakina : «merci de tes services, on n'a plus besoin de toi !» La prési­dente de la fondation Omar Benjelloun en personne vient de licencier abusivement Sakina Rharib de son poste de conservatrice et directrice du Musée de Marrakech et de sa fonction de secrétaire générale de ladite fondation. Elle a eu l'outrance et le culot de la chas­ser comme une malpropre devant tous les employés sans l'informer d'avance, sans pré­avis comme l'exige l'usage de tout licenciement ! Si ces gens-là ne savent pas quelle perle rare il viennent de perdre, nous, nous te disons : « tu n'as rien à regretter, Sakina ! D'autres horizons t'attendent. Toi la fille du défi, continue ton chemin ! Tellement de choses restent à faire. La route est longue et diffi­cile mais tu es forte... La Femme Marocaine a besoin de femmes comme toi, sois plus puissante que les déboires ! Et si tu es fatiguée, fille de la mer et du soleil, reviens chez toi et va le soir contempler le coucher du soleil sur les rochers du rivage et rêvasser, les pieds chatouillés par les vaguelettes qui viendront les caresser... Tu t'en souviens ? Comme tu le faisais quand tu étais petite fille de la mer et du soleil… ? ».
Pour finir, je voudrais t'offrir cette citation de Voltaire : «Un jour tout sera bien, voilà notre espérance. Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion». Mes hommages, madame ! Khamssa ou Khmisse âlik à Lalla!
Salam,
Je vous présente le personnage de mon troisième portrait. Il s'agit encore d'une femme très spéciale et de beaucoup de courage et de ténacité. Avous d'en juger! Mais il ne faut pas hésiter à me donner votre avis :c'est le plus important! Tanmirt!
Sakina, la fille de la mer et du soleil
Quoi de plus beau qu'une journée de printemps pour rendre hommage à la femme marocaine à travers une femme d’exception, une femme de courage et de volonté, une femme de détermination et d’ambition !
Cette femme est un bel exemple de réussite sociale pour les jeunes marocains, gar­çons et filles : ces jeunes qui ont de plus en plus tendance à bais­ser les bras, à s'avouer vaincus, à succomber au désespoir et au pessimisme; ces jeunes qui ne croient plus que l'école maro­caine ouvre la porte de l'em­ploi, de la réussite, de la vie digne et honnête, de l'avenir sûr et ensoleillé... Sakina nous invite à chasser ces idées défai­tistes en nous disant : «On veut, on peut». Qui est cette femme qui a tant voulu, qui a tellement cru qu'elle a fini par «pouvoir» ?
Sakina est la fille de la mer et du soleil, éprise dès l'enfance de la grandeur infinie, de la puis­sance majestueuse, de la beauté bleue de l'Océan Atlantique... Fille d'un homme simple et modeste, membre d'une famil­le nombreuse, elle a grandi dans le quartier populaire d'Anza comme toute la mar­maille de son âge, tous ces enfants pauvres : les enfants des pêcheurs et des ouvriers... Encore toute petite, ses yeux brillaient d'intelligence, son corps vibrait d'impatience, son esprit vaguait avec les barques et les chalutiers... Elle atten­dait... Elle rêvait d'une vie autre que celle qu'elle menait, une vie de bonheur, de sécurité, de sérénité, de dignité. Déjà elle allait le soir contempler le coucher du soleil sur les rochers du rivage et rêvasser, les pieds chatouillés par les vaguelettes qui venaient les caresser. Déjà elle voulait prendre son envol vers cet horizon rougeâtre, comme les mouettes, ces oiseaux de la liberté océa­nique. .. Et très vite elle a su, je ne sais pas quel miracle, que l'unique moyen de sortir de la pauvreté et du besoin c'était d'étudier, de réussir, de progres­ser, de ne pas s'arrêter. Les études étaient pour elle la seule issue à cette vie honnête et digne dont elle rêvait. Alors elle est devenue dès son jeune âge une élève studieuse, appliquée, sérieuse et tenace.
J'ai fait la connaissance de cette fille talentueuse et incroyable­ment intelligente lorsqu'elle était encore collégienne. J'enseignais le Français au collè­ge Ibn Khaldoune d'Anza et j'y animais un atelier-théâtre. Je me souviens encore de cette charmante brunette, les che­veux coupés ras (un vrai garçon manqué), les yeux brillants et le sourire innocent sur les lèvres, me demandant de faire partie de la troupe théâtrale de l'éta­blissement. Lors des répétitions de la pièce «Palestine en cage», elle débordait de jeunesse, de talent et d'enthousiasme : Petite militante qui défendait la cause palestinienne et condam­nait le sionisme et l'impérialis­me, à peine âgée de 14 ans ! J'ai très vite senti que cette fille était spéciale : Elle avait quelque chose d'imperceptible qui lui donnait une force capable de déplacer des mon­tagnes ! Je me souviens encore d'elle quand elle venait me demander de lui prêter des romans à lire sur la plage de «Taghazoute» durant les vacances estivales. Elle me les rendait dans un état lamenta­blement piteux. Je ne lui faisais aucune remontrance sachant quelle les avait lus. Que pou­vait-on encore apprendre à une fille qui avait lu «Cent ans de solitude» de Gabriel Garcia Marquez, à l'âge de 15 ans ? Je ne pouvais que l'encourager à lire, à ne jamais s'arrêter de lire. Et croyez-moi, elle ne s'est jamais arrêtée. Elle a fait du livre son confident, son ami et son conseiller. Sa maison, maintenant, est une vraie bibliothèque et c'est moi à pré­sent qui lui emprunte des livres !
Ce n'est pas la peine de vous dire que son itinéraire scolaire n'a connu aucun incident et aucun écueil. Cette fille conju­guait tous les verbes à tous les modes et à tous les temps sauf le verbe «redoubler»... Après le bac, elle ne choisit point la faci­lité. Fascinée par le passé loin­tain, par l'histoire et l'origine de l'humanité, elle opte pour l'anthropologie. Elle suit ses études à l'institut national des Sciences archéologiques. Soucieuse de nouveaux horizons, avide de nouveaux espaces, désireuse d’en finir avec le besoin qui aliène tout éveil, tout envol, toute ascension, elle s'envole pour Paris pour poursuivre ses études supérieures dans le but d'avoir son doctorat en sciences humaines, spécialité anthropologie et ethnologie… Elle fait des recherches archéologiques et des études sur le patrimoine du sud marocain. Je me souviens d'elle quand elle venait de la région de Ouarzazate, poussiéreuse et crasseuse. Je m'amusais à la taquiner : «Alors madame «Indiana Jones», tu as trouvé le trésor d'Ali Baba ?»
De retour au pays, parce qu’elle était déterminée à retourner chez elle, nullement impressionnée par les lumières parisiennes, pour servir sa patrie, elle travaille à la bibliothèque nationale de Rabat où les livres ne manquent pas. Ensuite elle s'installe à la ville rouge comme conservatrice et directrice du Musée de Marrakech, cet établissement magique d'art plastique et d'architecture ancienne purement marocaine.
Maintenant, Sakina est mariée et mère de deux enfants. Comme épouse, elle est dévouée, fidèle, amoureuse, épanouie. Comme maman, elle est tendre, douce et affectueuse. Comme maîtresse de maison, elle est méthodique, appliquée, soigneuse et hospitalière. Elle a un goût raffiné et une élégance distinguée. Sa demeure tradi­tionnelle est un petit musée. Il fait bon y vivre, décorée par les mains d'un artiste de talent. Chez elle, ça sent les parfums du sud, ça sent l'art tradition­nel et le patrimoine aux mille et une couleurs et formes. Chez elle, on se sent bien et on a envie de rester pour toujours, il y règne une ambiance de quié­tude et une osmose magique et invisible créant une paix douce et bienfaisante. Comme direc­trice du musée, elle est sérieuse, consciencieuse, active et créati­ve. Comme fille et sœur, elle aide et soutient financièrement sa famille, constamment pré­sente et à l'écoute du moindre souci des siens comme le veulent notre religion et nos tradi­tions (Allah Irdi âlike !)
Comme femme, elle a une forte personnalité et une intelligence hors pair. Elle ne se laisse guère intimider. Elle a aussi un charisme et une attirance qui mettent son interlocuteur à l'aise et rendent l'échange facile et limpide. Elle a un franc-parler mélangé avec une séduction et une élégance qui ne la rendent jamais désobligeante. Comme citoyenne, elle est généreuse, clémente, militante associative, féministe, émancipée, progres­siste et proche de toute activité humaniste et altruiste. Son emploi du temps est tellement chargé qu'elle n'a pas une minute à elle : Famille, ren­contres, rendez-vous, meetings, conférences, vernissages, réunions, débats, voyages, recherches, documentations, études, activités culturelles, artistiques et sociales... C'est une vraie fourmi infatigable qui vient cependant en aide aux cigales ! C'est une vraie abeille ouvrière qui offre géné­reusement son miel ! Comment peut-elle se retrouver dans toute cette cacophonie humai­ne sans perdre le nord dans les dédales de la médina de Marrakech ?
Ce n'est pas par hasard que Sakina était nommée cette année à la fameuse et précieuse Khmissa qui honore et glorifie les Marocaines de talent, les grandes dames de notre pays. Si on l'a choisie parmi les cinq premières, c'est qu'elle le méri­te amplement, qu’elle en est digne... Grâce à Khmissa, les Marocains connaissent mainte­nant Sakina Rharib. Nous, à Agadir, nous la connaissons bien avant et maintenant nous lui disons : Même si tu n’as pas eu cette Khmissa, pour nous tu l'as bien eue ! Nous sommes fiers de toi; toi la fille de la mer et du soleil, la fille du peuple;
toi qui as peiné et enduré pour en arriver là. Tu t'es faite toi-même avec courage, labeur et humilité sans narcissisme aucun et sans vanité ni fausse modestie. Tu as prouvé que la détermination et le sérieux donnent les fruits attendus, et la récolte escomptée... Pour tout ce que tu fais au service de l'art et de la culture, au service de la société, au service de ta patrie, tu mérites notre amour, notre respect, notre admiration et notre... Khmissa ! ;
Mais est-ce ainsi qu'on récom­pense le militantisme, le pro­fessionnalisme, la perspicacité dans notre pays ? Nous venons d'apprendre avec stupeur et douleur qu'on a dit à Sakina : «merci de tes services, on n'a plus besoin de toi !» La prési­dente de la fondation Omar Benjelloun en personne vient de licencier abusivement Sakina Rharib de son poste de conservatrice et directrice du Musée de Marrakech et de sa fonction de secrétaire générale de ladite fondation. Elle a eu l'outrance et le culot de la chas­ser comme une malpropre devant tous les employés sans l'informer d'avance, sans pré­avis comme l'exige l'usage de tout licenciement ! Si ces gens-là ne savent pas quelle perle rare il viennent de perdre, nous, nous te disons : « tu n'as rien à regretter, Sakina ! D'autres horizons t'attendent. Toi la fille du défi, continue ton chemin ! Tellement de choses restent à faire. La route est longue et diffi­cile mais tu es forte... La Femme Marocaine a besoin de femmes comme toi, sois plus puissante que les déboires ! Et si tu es fatiguée, fille de la mer et du soleil, reviens chez toi et va le soir contempler le coucher du soleil sur les rochers du rivage et rêvasser, les pieds chatouillés par les vaguelettes qui viendront les caresser... Tu t'en souviens ? Comme tu le faisais quand tu étais petite fille de la mer et du soleil… ? ».
Pour finir, je voudrais t'offrir cette citation de Voltaire : «Un jour tout sera bien, voilà notre espérance. Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion». Mes hommages, madame ! Khamssa ou Khmisse âlik à Lalla!
Re: Gadiris pas comme les autres!
C'est le post de
Lalla Saâdia, la star du touche-à-tout
moi je crois pouvoir lui attribuer une autre interpretation
cette femme est assoiffé de faire tout ce qui est possible
etre une femme moderne, avoir son diplome, son permis
sa place dans la société et le travail associatif qui lui
permettra de se distinguer, neger, secourir et ceci
apres avoir mené a bien sa mission de femme au
foyer et celle d'educatrice de ses enfants ..
cette femme , je pense (peut etre) avait souffert
de la monopilisation de ses enfants et de son mari
qui occupait tout son temps et l'ont habitué a une
activité intense ..maintenant, libre de toute charge
de ce genre, libre et sans activité a decidé de se
donner a d'autres activités pour meubler son temps
d'abord, eviter d'etre victime de l'immobilité aussi
et enfant faire d'autres connaissances , et,
apparamment elle a réussie ..bravo lalla Saadia
Lalla Saâdia, la star du touche-à-tout
moi je crois pouvoir lui attribuer une autre interpretation
cette femme est assoiffé de faire tout ce qui est possible
etre une femme moderne, avoir son diplome, son permis
sa place dans la société et le travail associatif qui lui
permettra de se distinguer, neger, secourir et ceci
apres avoir mené a bien sa mission de femme au
foyer et celle d'educatrice de ses enfants ..
cette femme , je pense (peut etre) avait souffert
de la monopilisation de ses enfants et de son mari
qui occupait tout son temps et l'ont habitué a une
activité intense ..maintenant, libre de toute charge
de ce genre, libre et sans activité a decidé de se
donner a d'autres activités pour meubler son temps
d'abord, eviter d'etre victime de l'immobilité aussi
et enfant faire d'autres connaissances , et,
apparamment elle a réussie ..bravo lalla Saadia

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