Le quatrième monde

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Le quatrième monde

Message par chama le Mer 14 Mai - 14:04

Chacun son 4ème monde

Notre planète terre pourrait n'être qu'une
fourmilière a base de magma humain vivant en
symbiose complète,harmonie et fraternisation
presque simiesque si l'élément économie n'a
pas été le générateur a l'édification de ce
fabuleux damier dont le pourtour de chaque
pièce est soigneusement cerné, clôturé,piégé
et gardé réalisant ainsi une frontière entre
les peuples, les nations du monde.Ainsi sont
nés les différents mondes connus. Le (Third
world), troisième monde ou tiers - monde est
le laboratoire ou musée original vivant de
l'histoire de l'humanité. Il est probable
qu'on a voulu le garder tel qu'il est,vierge
et intact. Actuellement, qu'on le veuille ou
non, un monde encore plus représentatif et
proche de nos ancêtres existe, le quatrième
(the fourth world). Le classement des pays
suivant des critères établis, dans un monde
plutôt que dans un autre s'est avéré en fait
totalement faux. L'émigration d'usine intact
et complet, l'influence politique,la volonté
de vouloir favoriser un secteur sur un autre
et autres paramètres ont crée , au sein même
de chaque pays,ses divers mondes.Toute ville
peut refléter des différences flagrantes en
urbanisme,propreté,état des routes,niveau de
vie des gens et services.Choses réelles mais
imperceptibles aux statisticiens robotisés.
Pour tester la véracité de mes remarques, je
vous propose de m'accompagner tout au long
d'un périple auquel je me suis habitué,notre
voyage débute a la station de ligne du bus
et finit au terminus de ma ligne, soit a peu
près six kilomètres plus loin. Permettez moi
donc de jouer au découvreur et vous reporter
sans mensonge tout ce qui est visible de mon
hublot. Cependant, j'aimerais ne citer ni le
pays,ni la ville et encore moins le quartier.
Comme a l'accoutumée,avant de quitter le"chez
-moi" je vérifie qu'il y a des provisions en
analgiques dans une poche et suffisamment de
monnaies pour l'allée et retour dans l'autre.
……………Je parcours une centaine de mètres et me
trouve a la station. Une odeur pestilentielle
s'en dégage et une matière anéroïde couvre
aussi bien les trottoirs délabrés et ce qui
reste de la route jadis goudronnée.Une longue
et étroite zone récemment gazonnée côtoie cet
endroit. Ici le gazonnage se fait de manière
intégrale chaque mois, impossible de l’avoir
en vie plus longtemps a cause de la densité
des pieds qui le piétinent. C'est une journée
chomée,aussi j'ai eu le privilège de disposer
deux bus a mon attente. Comme a l'accoutumée
j'opte pour le moins cher. La clientèle est
malgré tout abondante.Le véhicule démarre en
pétant. Une partie de la fumée que dégage le
combustible est injectée par l’intermédiaire
des fissures de la carrosserie a l'intérieur
du bus………………… Le receveur parait conscient du
problème et de l'insouciance des passagers et
jette de temps a autre un regard inquisiteur
en direction de ceux qui tentent de boucher
leur nez……………………………… Très vite, les immeubles
et les espaces verdoyants disparaissent. Nous
respirons maintenant une mixture formée par
le mélange de l'air ambiant pollué et une
odeur amylique envahissant de plus en plus
notre bus dépourvu de deux glaces.Cette odeur
caractéristique prélude a l'approche d'une
zone que d'habitude je surnomme le (fourth
World) le quatrième monde. Depuis mon arrivée
dans ce quartier, ignorant les noms de sites,
j'ai en effet adopté le principe d'attribuer
un nom a chaque rue ou endroit en fonction de
son contenu.Ainsi, ma famille et quelques uns
des voisins se sont imprégnés de ma science
et, a la longue, on finit par utiliser ces
mêmes pseudonymes. L'autobus pénètre dans le
quatrième monde. A droite, une étendue énorme
où gisent des dizaines de tonnes de légumes
et fruits dont le prix est pratiquement hors
de portée des gens locaux et sont déstinés
aux vrais citadins qui arrivent en voiture et
fanfare.Cet espace couvert par des milliers
de morceaux de toiles décolorés,abîmés et des
cartons ,plastiques,planches et autres débris
constituant des abris individuels improvisés.
C'est un marché. On ne peut que s'émerveiller
a la vue de ce tableau où; il est impossible
de localiser deux toiles identiques. Même un
génie ne peut réussir a amasser une telle
quantité de chiffons réalisant un gigantesque
esclandre. Le parterre est jonché de tomates
avariées , fruits et divers détritus ,le tout
en couches attestant que cet amoncellement
date depuis l'apparition du souk. A gauche
une citée énorme, aux ruelles étroites, dont
les canalisations d'eaux sales et apparentes
en surface, offrent le gîte a des milliers de
mouches et moustiques et faisant la joie des
bébés qui s'amusent a déterminer l'origine
des déchets humains qui naviguent sous leurs
yeux. Toutes les habitations sont a base de
tôles ondulées ou celles obtenues par le
découpage de boites de conserves.
Toute l'histoire de l'industrie nationale est
ici reportée de manière précise et concise.
Un musée relatant l'histoire des emballages
depuis des décennies. Grappes d'olives ou de
raisins,huiles, sardines et même les drapeaux
de pays ayant a un certain moment eu le
privilège d'exporter des dons sous forme de
produits vers cette destination ornent les
façades de baraquements. Une grande artère
unique en son genre sur le continent longe
cette prestigieuse cité. Elle est d'environ
quatre cents mètres de longueur…………… le flanc
gauche est occupée par des dizaines de
petites baraques où, on voit des femmes en
train d'entrelarder des tartines tout en les
proposant aux promeneurs………… des marchands
d'étoffes usées, des conteurs, des magiciens
des restaurateurs ambulants, des réparateurs
de cocotte,des enfants déchaux, détrousseurs,
des marchandises légales et extralégales et
même ceux qui étalent des peaux de serpents
séchées,hérissons, oreilles d'ânes ou cornes
de chèvres pour la vente. Une fois, j'y ai
même déniché un expert en erpétologie tapis
au fond d'une ziggourat sous la protection
d'un homme en tomahawk.
………Le flanc droit de cette artère est occupé
par des immeubles a deux et trois étages, un
terrain de sport peu entretenu et une école
d’handicapés. Le contraste est frappant sur
les deux rives. Une autre caractéristique de
cette rue est que les (commerçants)sont plus
nombreux que ceux qui ne le sont pas. Il est
aussi extrêmement éreintant de la traverser.
Quelqu'un m'avait dit qu'il suffit qu'on se
pointe a une extrémité, on s'immobilise et
on laisse le flot humain nous transporter
jusqu ' a l'autre bout. Pour tout vous dire,
c'est l'ecchymose,le groin,le gésier,l'angine
de cette ville capitale. Un peuple toujours
croissant y vie en complète anarchie et
perpétuelle anastomose.On a l'impression que
la rue se dilate toujours un peu plus pour
l'absorber. Coups de klaxon répétés , le bus
s'arrête en plein milieu de la route, le
garçon du café avoisinant apporte un plateau
contenant ustensiles et breuvage,le receveur
se faufile obstinément entre les passagers
serrés pour se servir une tasse.On redémarre
Chaque fois que je me trouve a cet endroit,
une idée me vient a l'esprit, si Rambrand,
Chagal,le Cid, V.Hugo ou Lafontaine auraient
eu le privilège de connaitre,voir ou visiter
cette avenue ne serait ce qu'une fois, ils
auraient laissé a notre monde récent certain
patrimoine culturel gigantesque, Ibn Batouta
aurait été comblé et Lamartine désavoué.
Impossible en effet de ne pas trouver là une
Matière a réflexion rendant l'imagination
plus fertile et revitalisant la virtuosité.
On observe ici, même aux heures tardives de
la nuit,des centaines de gens se promener,en
fait, ce quartier ne dort jamais totalement,
on pratique le sommeil par bordée, tellement
les maisons(pièces)etroites et les occupants
nomeux!
…Le véhicule continue sa route, on abandonne
le quatrième monde et on aborde un tronçon
de route où les feux rouges sont concentrés
et s'ingénient a accumuler un grand nombre de
moyens de transports possibles.Puis,de larges
édifices sans étages bordent la route.Une eau
abondante et jaunatre déborde des égouts et
canalisations pourtant en bon état. L'air est
irrespirable a cause des produits chimiques
qui le polluent. La chaussée est encombrée de
bouses, saletés animales, pailles et autres.
Tout laisse penser que nous sommes proches de
tanneries,abattoirs ou bouviers.On passe sous
un vieux pont, on sombre dans d'interminables
rangées d'édifices de tous genres………… Puis un
palais contrastant avec tout ce qui l'entoure
Bien défini et fini, c'est l'épanouissement
même de l'architecture, du jardinage et de la
décoration, l'extase quoi. Une foule de gens,
fonctionnaires pur produit de la démocratie
y trouve emploie pour le bien - être de tout
citoyen et comme d'habitude, dans ce genre
d'endroit, les fabricants de voitures et 4x4
de grande classe ont encore une fois réussi a
etaler ici leurs technologies………… Une trainée
de fumée grisatre de plus en dense échappe
maintenant du bus, l'accélération est entamée
signe de l'amélioration de l'état de la route
On entre dans le premier monde.
……………D'énormes vitrines décorées et luisantes
bordent la chaussée, des trottoirs propres et
larges,des immeubles a devantures entièrement
en verre réfléchissants nous aveuglent, des
grattes nuages pour ne pas dire des grattes
ciels en grand nombre. Et, enfin des panneaux
publicitaires qui narguent. Ici,tout porte la
griffe du gout,du prestige,c'est vraiment une
chance de pouvoir traverser, se promener …………
entrer et sortir sans visa.Le bruit de portes
et de la mécanique a cessé,on roule sur de la
vraie soie. Dans quelques instants ce sera le
terminus.On a ainsi visiter plusieurs mondes
sans avoir a dépenser d'argent,passer la nuit
et faire la queue devant une ambassade pour
pouvoir voyager.

par Mimouni abdelamlek

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